C’est un matin rude où tout sur moi à ce même effet d’abrasif sur ma peau, sur mon être tout entier. Tout m’énerve ou me rend triste, une mince ligne entre deux sentiments trop propices à la pluie et au temps gris. Je fais une indigestion par-dessus tout, maux de tête et nausée sur trop de solitude empilée. Je me l’a suis aiguisé avec le temps, histoire de bien comprendre ce qui m’arrivait, mais je savais ce que derrière moi je laissais, ça et là, histoire qu’au printemps une solitude toute neuve pousse. Elle est sortie de terre, un peu avant hier, de travers dans ma gorge, me donnant juste envie de chialer. Je ne crie pas, ça sonnerait trop écho dans cet espace trop vaste, trop vide. J’ai le coeur qui bat, qui a envie de sortir, sur lequel j’appuie sur pause, un instant, prends ton temps. J’ai le pas maladroit de cet enfant qui prend son temps à avancer, pour une première fois, un mélange de hâte et d’insécurité, qu’est-ce qui c’est passé. J’ai l’impression de ne rien comprendre, d’être là, simplement là, n’est-ce pas assez pour un dimanche ennuagé? J’ai arrêté de bouger, de sortir, de vivre un peu, car dehors certaines jouent aux quilles avec les coeurs fragiles. Elles trichent, jouant sur plusieurs parties à la fois, histoire de ne perdre rien de ce qu’elles n’ont déjà pas, on ne sait jamais. J’ai eu trop mal et je sais que les printemps me sont fragile alors je reste en exile un instant seulement. Je suis allergique au printemps tôt et à cette odeur de merde qui se dégage de ta bouche quand tu me dis doucement que tu t’ennuies du fait que je ne suis plus là au pied de ton lit. Je me suis levé, me suis lavé, je suis parti nu, simplement pour ne pas traîner ta déplaisante odeur de sorcière qui m’ensorcelle. C’est souvent l’odeur que l’on oublie en dernier, je sais que tu l’as pigé et que c’est pourquoi partout tu l’as laissé trainer. Toute trace de toi, même ton ombre qui me suivait, j’ai eu beau la piétiner, mais je n’ai pu m’en débarrasser. Le temps passe, je sais de quoi il est capable, mais je lui ai montré, je suis aussi seul que lui, je n’ai que ces deux aiguilles qui me servent à m’orienter, pour aller où je veux bien pour recommencer.
Crie, époumonne toi et ça passera – et puis avec les bougeons qui sortiront tu sera en paix –